Veolia Propreté : « Notre métier est de produire des ressources renouvelables »




Que le secteur de la gestion des déchets cesse d'attendre  des pouvoirs publics qu'ils lui indiquent le chemin à suivre, mais qu'il s'appuye sur ses  propres capacités d'innovation : c'est le message que veut faire  passer Bernard Harambillet, 47 ans, directeur général, depuis 2012, de Veolia Propreté France, la branche du groupe chargée des déchets.

Un message qui fait suite aux déclarations faites au « Monde » en octobre par Christophe Cros, le directeur général adjoint de Suez Environnement  chargé de l’activité déchets en Europe, qui se plaignait du manque de visibilité des politiques publiques dans la gestion des déchets en France.
 
ÉCONOMIE CIRCULAIRE
A la vision un brin morose de son concurrent, M. Harambillet propose une alternative volontariste : l'économie circulaire est un concept à la mode, eh bien, profitons-en ! « Aujourd'hui, et encore plus demain, notre métier est de produire des ressources renouvelables, que ce soit sous forme de matières premières secondaires ou d'énergie verte, affirme-t-il. Les quantités de ressources extraites de la Terre ont augmenté de 65 % en vingt-cinq ans. En tant que leader mondial dans notre secteur, il est de notre devoir  de trouver  des solutions pouréconomiser  ces ressources. »
Pour cela, Veolia compte sur ses capacités d'innovation, en ouvrant par exemple deux centres de tri à « haute performance » du côté de Nice  et de Rouen  ou en travaillant sur le démantèlement des écrans plats sur son site d'Angers. « On y teste des boucles d'économie circulaire ultrasimples en recyclant des éléments que l'on trouve dans les déchets électriques et électroniques, explique cet ancien joueur de rugby, entré chez Veolia à la faveur d'un stage en même temps qu'il montait de son Pays basque natal pour intégrer  l'équipe du Paris  Université Club.Tout ce qui gravite autour de l'économie circulaire est une chance à saisir. »
 
« UN CADRE POLITIQUE  CLAIR »
Il ne manque pas d'exemples à donner  sur la façon dont son entreprise cherche àrepenser  la gestion des déchets sous tous ses aspects. Un exemple : la reverse logistic. Il s'agit de rationaliser  la collecte, en faisant notamment repartir  un camion venu livrer  une entreprise avec les déchets produits par celle-ci. « Notre travail n'est plus aujourd'hui de gérer  les déchets d'un industriel mais de trouver  un autre industriel que ces déchets pourraient intéresser  en tant que matière première secondaire, assure le directeur général de Veolia Propreté France. Notre gisement de déchets est en train de devenir  une véritable "matériaux-thèque". »
 
Veolia s'apprête également à inaugurer  une déchetterie de nouvelle génération à Floirac, dans la banlieue de Bordeaux. Elle sera équipée de bacs fermés et de compacteurs, afin d'éviter  les problèmes de vols et de sécurité que connaissent nombre d'installations existantes. Fini également les systèmes de quais, à l'origine d'un certain nombre d'accidents. « Les déchetteries sont victimes de leur succès, constate le dirigeant. Il faut mettre  en place des systèmes permettant à chaque usager de trier  ses déchets en un minimum de temps et en toute sécurité. »
 
S'il affirme ne pas partager  le sentiment de son collègue de Suez Environnement selon lequel la politique française de gestion des déchets se trouverait au point mort, Bernard Harambillet est d'accord avec lui sur la nécessité pour les acteurs du secteur de disposer  d'un « cadre politique clair »« Il est compliqué de faire des investissements si on ne sait pas comment la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) va évoluer  après 2015 », reconnaît-il.
 
ALLER PLUS LOIN DANS LA VALORISATION
Les deux géants de la gestion des déchets craignent une augmentation de la TGAP sur la mise en décharge, qui serait cohérente avec l'objectif que s'est fixé le gouvernement, à l'issue de la conférence environnementale, de faire  baisser  de moitié, d'ici à 2020, la quantité de déchets ménagers enfouis. C'est que si la mise en décharge est le mode de traitement des déchets le moins coûteux, elle permet aussi aux opérateurs de centre  de stockage et d'enfouissement, comme Veolia ou Suez, de s'assurer  de confortables marges.
 
« A des solutions simplistes comme l'augmentation de la TGAP, il faut préférer  les mécanismes incitatifs », estime M. Harambillet, en bon défenseur des intérêts de son entreprise.  Avec la Fédération nationale des activités de la dépollution et de l'environnement (Fnade), Veolia propose donc de se fixer  un premier objectif de baisse des volumes mis en décharge de 25 % sur trois ans, accompagné d'un plan de modernisation et de rationalisation du réseau de centres de tri, souvent dépassés et de faible capacité. 
 
« Aujourd'hui, nous avons deux technologies  éprouvées : le stockage et l'incinération, qui sont maîtrisées et n'ont pas d'impact sur l'environnement, affirme le responsable de Veolia, au risque de susciter  les réactions d'associations qui dénoncent les risques associés à ces modes de traitement. Nous n'avons qu'une envie, c'est d'aller  plus loin dans la valorisation, de créer  un vrai marché du recyclage qui n'existe pas aujourd'hui. »


Mots clés : Veolia
Vendredi 29 Novembre 2013

  

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