Retours sur l'atelier de l'Alliance G7 de Berlin le 30/09/2015




Retours sur l'atelier de l'Alliance G7 de Berlin le 30/09/2015
CR atelier de l'Alliance G7 de Berlin le 30/09/2015

Le lundi 8 juin 2015, le G7 actait l'économie circulaire comme un axe de travail important et prioritaire et prévoyait une « Alliance pour l'utilisation efficace des ressources ». Le 30 septembre 2015 se tenait à Berlin le premier atelier de travail de l'Alliance G7 auquel Grégory Giavarina et Laurent Georgeault ont assisté pour le compte de l'Institut de l'économie circulaire.

Accueil

Une centaine de personnes en provenance des sept plus grandes puissances industrielles de la planète ont été reçues au ministère de l'économie allemand pour travailler à une gestion plus efficace des ressources. Les délégations, composées des acteurs étatiques et de la société civile, ont développé leurs visions du sujet et témoigné des orientations qui étaient les leurs.
 
Dans un premier temps, des plénières ont accueilli plusieurs intervenants de haut vol dont le constat était clair : face à la croissance démographique et de la demande de ressources, l'efficacité dans l'emploi de ces dernières est une priorité. Les objectifs d'une transmission des connaissances et des meilleures pratiques entre les différents membres du G7 en vue de synthèses et dissémination dans les politiques publiques étaient partagés par tous. Passés ces généreuses déclarations d'intention, l'innovation, l'éducation et la coopération furent ciblées en tant que leviers incontournables pour relever le challenge le plus sérieux de tous les temps et diviser par deux les besoins en ressources des pays développés. Cet atelier de l'Alliance G7 n'est qu'un début et doit être à destination de tous pour une augmentation de la compétitivité sur les marchés internationaux. Le représentant de the Voice of German Industry admettait la limitation des stocks en soulignant la nécessité de soutien public à l'innovation, la R&D,… en un mot, les technologies et leur développement.
 
Au-delà de ces poncifs maintes fois entendus, la parole du G7 n'est pas à minimiser : de part la puissance industrielle de ses membres et leurs marchés intérieurs, l'inclinaison du groupe vient largement soutenir et compléter les orientations du GIEC, de l'ONU, de l'Union Européenne ou encore de nombreux pays tels que la France.

Table ronde

Dans la table ronde qui suivit, Xavier Bonnet (MEDDE/CGDD) présenta les initiatives clés pour la France. Bien sûr, la loi transition énergétique et pour la croissance verte fut évoquée avec son objectif très clair de diminution des consommations énergétiques et l'augmentation de la productivité matière. Dans le peu de temps disponible, nous retiendrons de son intervention une inclinaison à l'élargissement des filières à responsabilité élargie du producteur quant à leur périmètre.

D'une façon générale, depuis l'intervenant de la Commission européenne à ceux du Japon ou des Etats-Unis, les cadres réglementaires et leurs nécessaires évolutions, l'accès à la finance qui ne parvient que difficilement à détecter les potentialités, l'accès au marché, aux consommateurs (qui n'ont aucune idée du prix réel pour la société), l'ecodesign et les échanges sur les matières et savoirs, aucun des items habituels ne fut négligé. Un angle d'attaque sectoriel a aussi été évoqué.
Mme Rodiger-Vorwerk (ministère allemand de l'économie) profita de l'occasion pour solliciter les industriels allemands présents à améliorer leurs processs de production, rejoint en cela par Mr Cozigou de la Commission européenne.
 
En conclusion de cette table ronde, la question de la valeur ajoutée de l'Alliance G7 fut posée et les avis convergèrent sur :
  • La créativité augmentée par cette coopération,
  • Le message fort délivré pour l'ensemble des parties prenantes,
  • La nécessité d'un engagement commun pour agir au niveau global pour faire changer le panorama actuel. Personne n'a le monopole des bonnes idées.
  • La nécessité de faire tirer la problématique par le marché (et en cela, la taille du G7 est impactante).

Atelier

Nous avons par la suite assisté à un atelier de travail concernant principalement les entreprises dans une salle aux dimensions démesurées pour des interactions fortes entre la cinquantaine de personnes présentes. Les questions formulées à l'issue des présentations furent néanmoins claires et très directes : que pouvons nous faire pour vous ? Que pouvons nous faire pour développer vos bonnes pratiques ? Quels ont été les ressorts de votre motivation ? Vos difficultés, etc.
Nous ne rentrerons pas dans le détail de chaque intervention, nous attendons pour l'heure la fourniture des présentations que nous ne manquerons pas de transmettre aux adhérents de l'Institut de l'économie circulaire selon la confidentialité de chacune.
 
Les anglais sont venus présenter la construction d'une filière de réemploi de peinture, soulignant le gâchis global dans le secteur et la capacité bien concrète de faire des économie, tant dans la production de ce produit onéreux que dans l'élimination de ce produit dangereux. La récupération de fonds de pots, mais aussi de pots non ouverts, donnent lieu en Angleterre à un calibrage puis à un reconditionnement des peintures. Xavier Bonnet ne manqua pas l'occasion de demander quels freins avaient été identifiés pour la construction d'une filière REP avec remanufacturing sur les peintures. Mise à part les nécessités d'adaptation de REACH sur la thématique (ce qui n'est pas rien), les explications sur la simplicité de la démarche et son efficacité ont conquis l'ensemble des participants. Quand on nous dit que les anglais sont pragmatiques, cela se vérifie.
 
General Motors a présenté sa politique d'usine sans enfouissement, avec la participation des sous-traitants, la mise en place du tri et du réemploi qu'il faut comprendre comme recyclage. Selon les cas présentés, ce processus dure de 4 à 5 ans, 15 flux principaux sont traqués et plus de 10 000 mesures effectuées chaque mois. Ces engagements sont motivés par la politique RSE du groupe qui ne va pas jusqu'à s'attaquer à la complexité croissante dans les matériaux mis en œuvre comme le souligna sans être contredit un participant.

Toujours au rayon automobile, les japonais de Toyota insistèrent sur leur politique Easy to dismantle en vue d'un recyclage plus aisé, pour faciliter l'écoulement et le drainage  des fluides dans les VHU ou encore le « regranulage » des pare-chocs. Dans l'approche cycle de vie proposée, la case réemploi avait fusionnée avec celle de recyclage, ce que nous ne pouvons que déplorer.
 
Le groupe Werner & Mertz (connu en France pour les produits de lavages écologiques Rainett entre autres) a pour sa part choisi de présenter sa politique dédiée au recyclage du PET et entra dans le détail de ce qu'il attendait, des connections détachables (pour séparer les différentes matières plastique), des étiquettes aux colles solubles dans l'eau, une TVA adaptée par exemple. Malgré l'intérêt évident du sujet, nous regrettons cependant qu'il n'ait pas mis en avant le caractère écologique de ses produits et ouvert la discussion sur l'affichage environnemental et la relation avec les consommateurs. Sur ce point, le groupe Werner & Mertz a pourtant beaucoup à nous apprendre.
 
Anne-Christine Ayed, du groupe Tarkett (fabricant de sols) est intervenue pour le compte des entreprises françaises. Avec comme point focal le respect de la santé humaine et l'environnement, cette entreprise implantée dans le monde entier développe la qualité de sa production, le recyclage, les techniques de maintenance et d'entretien pour optimiser la durée de vie de ses produits. Au-delà des mises en œuvre intéressantes, sa parole a porté du fait d'une clarté dans le discours, a fascinating presentation selon le président allemand de l'atelier, approuvé par les autres participants.

A la question des ressorts de l'engagement, « on le fait car cela a du sens pour les consommateurs », il s'agit d'une vision de long terme « nous ne sommes pas une ONG, ce n'est pas du court terme, c'est pour cela que nous avons intégré la maintenance ». L'approche est directe, le choix des matériaux est arbitré par la demande reconnaît elle sans ambiguité.
La mise en place d'une filière de récupération et de process de recyclage fut l'objet d'une interrogation sur la capacité de Tarkett à absorber de vieux revêtements de sols issus d'autres fabricants, ce à quoi une réponse positive fut donnée, modérée par les considérations liées à des polluants qu'ils contenaient parfois. L'entreprise confirma travailler en permanence au développement de nouveaux process en ce sens.
 
L'atelier se clôtura ensuite par un constat simple et partagé : si nous ne nous inspirons pas les uns des autres, nous y mettrons des années. La prochaine étape consistera en la mise en place d'une plate-forme de partage des bonnes pratiques par internet. La plate-forme portée par l'Institut de l'économie circulaire et le CIRIDD contribuera sans aucun doute à l'établissement de ces partages.

Et la suite?

Nous n'avons pas pu assister à l'atelier parallèle sur l'innovation et la recherche ni par la suite à la plénière portant sur les conclusions de la journée. Nous avons cependant retenus que Birmingham accueillera le prochain atelier de l'Alliance G7 sur les ressources fin octobre. Le sujet qui sera abordé concernera les symbioses industrielles, sujet important à l'Institut et que nous aurons à  cœur de faire avancer en cette occasion.
 
La trajectoire que les sept plus grandes puissances industrielles du monde ont choisi nous rassure sur la justesse des engagements stratégiques et opérationnels qui jusqu'à présent sont les nôtres.
Au niveau du partage des connaissances, la livraison de la plate-forme internationale d'économie circulaire portée par l'Institut et le CIRIDD et soutenue par l'ADEME et le ministère de l’Écologie, correspond à une attente forte identifiée par les participants.

Pour la prochaine thématique sur les symbioses industrielles, le Programme National de Symbiose Industrielle proposé par l'Institut et  dans lequel sont engagées quatre régions françaises correspond lui aussi à un des axes de développement attendu.

Pour ce qui est de la recherche, de la formation et de l'innovation, nous restons actifs en publiant dans des ouvrages et revues académiques, encourageons les déclinaisons dans les enseignements voire y participons très directement. Pour l'innovation, elle foisonne chez les adhérents de l'Institut, nous veillons surtout à l'accompagner, dans la mesure de nos possibilités, pour la faire émerger et en  faciliter le déploiement.

Laurent Georgeault
laurent[at]institut-economie-circulaire.fr

Mardi 13 Octobre 2015

  

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