Nicolas Imbert : « La crise est vécue par le consommateur comme une occasion de métamorphose . »



Nicolas Imbert (directeur de Green Cross France, administrateur de l'Institut de l'économie circulaire)
Interview Les Echos


Nicolas Imbert : « La crise est vécue par le consommateur comme une occasion de métamorphose . »

Le consommateur est-il en train de reprendre le pouvoir ?

La réponse est oui, mais elle doit être nuancée. On voit bien que la crise est vécue par le consommateur comme une occasion de métamorphose plutôt qu'une fatalité. De nouveaux modèles économiques prennent de l'ampleur : la location, la vente directe, les circuits courts. L'économie circulaire se structure. Elle a désormais sa chaire à Kedge Euromed et un institut pour aider les entreprises à glisser vers une démarche collaborative. La lutte contre le gaspillage alimentaire est également un thème qui motive de nouveaux comportements. Les plats tout prêts n'ont plus la même cote. Cuisiner redevient tendance, si possible avec des produits délaissés de la grande distribution, et on en profite pour recréer du lien social, inviter des amis, participer à des ateliers. Cela étant, le consommateur a aussi la mémoire courte. Il n'a fallut que soixante-dix jours pour que la tension retombe autour de l'affaire du bisphénol. ça signifie que le changement sociétal est encore fragile. Pas plus de 10 % des consommateurs aspirent à un autre modèle. Il en faudra deux fois plus pour que le marché bascule.

Comment les entreprises traditionnelles peuvent-elles profiter de ces tendances ?

Le message passe surtout auprès des PME qui sont avides de ces signaux faibles du marché qu'elles peuvent transformer en opportunité de business. Pour autant, de plus en plus de grandes entreprises sont en embuscade. Elles testent de nouveaux modèles ou rachètent des entreprises qui les placent sur ces marchés pour être prêtes quand ils décolleront. Elle se paye de l'expérience. C'est par exemple Danone avec les produits laitiers bio les 2 Vaches, L'Oréal avec The Body Shop, Casino avec Naturalia, l'écologie en centre ville, ou ses Petits Casino bien placés pour être des points de location, de service ou de recyclage.

Le gouvernement a-t-il un rôle à jouer pour doper ces nouveaux modèles ?

Nos sociétés ont fondé leur développement sur une abondance de ressources et de travail. Ce schéma a été bouleversé, mais on continue à vivre avec des lois fiscales du XIXe siècle. Il faut taxer l'usage de ressources et libérer les charges sur le travail. Des mesures simples, comme l'obligation de garanties longues, devraient permettre de lutter contre l'obsolescence programmée qui remplit nos poubelles de déchets inutiles. C'est le bon moment pour faire en sorte que l'économie circulaire, qui favorise la récupération de matériaux produits pour entrer dans un nouveau cycle, s'applique au plus grand nombre. Il faudra une réglementation pour favoriser ces nouveaux usages. 

Source : Paul Molga Les Echos

Jeudi 3 Octobre 2013

  

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