Le biogaz bouscule le modèle de GrDF



La filiale distribution de GDF-Suez se prépare à la transition énergétique : elle va devoir distribuer de plus en plus de gaz naturel d'origine renouvelable et locale.


Pour déployer son activité de biométhane, GrDF doit à la fois grouper les producteurs de déchets et apprendre à travailler avec les agriculteurs. afp.com/Karen Bleier
Pour déployer son activité de biométhane, GrDF doit à la fois grouper les producteurs de déchets et apprendre à travailler avec les agriculteurs. afp.com/Karen Bleier
Et si on produisait nous-même notre gaz naturel? À Strasbourg, ville pourtant au débouché des grands gazoducs arrivant de l'étranger (Russie, Norvège, Pays-Bas), c'est ce que s'apprête à faire l'exploitant de la plus grande station d'épuration de la ville. Comment ? En envoyant les boues obtenues après traitement des eaux usées dans un gros réacteur qui les transforme en biogaz. Peu ragoutant, mais parfaitement écolo ! Une fois épuré, ce gaz est en tous points identique au gaz naturel d'origine fossile, et peut être injecté dans le réseau local de distribution. A Strasbourg, quelque 1,6 million de mètres cubes par an de ce biométhane alimenteront ainsi "5 000 logements basse consommation ou 1 500 véhicules au gaz". Sans payer un sou aux multinationales des hydrocarbures.  

Ce tour de magie porte le nom de méthanisation. Un procédé qui copie, à échelle industrielle, ce qui se passe dans la panse des ruminants. Un peu de chaleur, un savant cocktail de bactéries, et tout ce qui constitue un déchet organique devient gaz naturel : restes alimentaires ou industriels, lisier agricole et même cultures dédiées. De quoi offrir un nouveau modèle économique, basé sur l'économie circulaire : l'utilisation de ressources locales pour des besoins locaux, en lieu et place de ressources fossiles émettrices de CO2.Pour GrDF, c'est une petite révolution.

Au sein du groupe GDF-Suez, cette entreprise est chargée d'exploiter le réseau de distribution de gaz naturel de quelque 9 500 communes. Avec l'essor du biométhane, elle épouse un nouveau métier qui va au-delà de sa mission d'opérateur de canalisations. Un métier au coeur de la transition énergétique : GrDF estime qu'en 2020, 5% du gaz naturel circulant dans le réseau français sera en fait du biogaz. Selon l'Ademe, un taux de 50 % est même possible en 2050, si on y ajoute le biogaz obtenu à partir d'autres ressources, comme des micro-algues en culture. De quoi chambouler de fond en comble le modèle maison.

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Mots clés : GrDF
Mardi 27 Janvier 2015

  

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