L'économie circulaire, ou économiser la ressource naturelle comme priorité



PARIS, 18 sept 2013 - L'économie circulaire, l'un des thèmes de la conférence environnementale, vise à faire de l'emploi parcimonieux des ressources naturelles le nouveau principe fondateur de l'économie, selon François-Michel Lambert, député EELV des Bouches-du-Rhône et président de l'Institut de l'économie circulaire.


L'économie circulaire, ou économiser la ressource naturelle comme priorité

Q- Comment définiriez-vous l'économie circulaire'

R - "L'économie circulaire, cela désigne le modèle de développement économique fondé sur la préservation des ressources naturelles. C'est la priorité, aujourd'hui, face à la disparition de ressources naturelles non renouvelables: nous devons fonder un modèle qui en fait une préservation absolue, en opposition à l'économie linéaire qui prévaut depuis 150 ans où on est dans le prélèvement ou la prédation de ressources, dans leur consommation et qu'on jette en déchets, un modèle qui n'est pas soutenable. Le recyclage, lui, ne fait qu'essayer de gérer les conséquences d'un système qui génère les déchets. L'idée est de faire en sorte, par des boucles d'utilisation et de valorisation, que la matière soit pleinement utilisée (objets à durée de vie plus importante, partage de produits plutôt que son acquisition, conception permettant davantage de réparations) et pas seulement la transformation de déchets en matière première."

Q: Mais cet ensemble de pratiques n'existe-t-il pas déjà'

R: "Bien sûr, c'est comme monsieur Jourdain qui faisait de la prose. Mais on est très loin de ce qu'on pourrait imaginer. Il ne suffit pas de dire on recycle tant de pour cents de verre ou de métaux, mais de réfléchir à la quantité de déchets produite. Demain, on peut imaginer que Renault vende en concessions deux types de voitures, l'une entièrement neuve, et une autre, avec 10, 20, 30% des pièces de seconde main, avec une garantie Renault et par exemple une TVA faible. Avec des jantes ou le bidon du lave-glaces provenant d'une précédente voiture, et qui soient conçus pour être réutilisés. Pour que les entreprises aient un modèle solide, il faut aussi davantage convaincre les banques. Il y a une société aux Pays-Bas, Desso, qui loue des moquettes, et récupère 98% de la matière. Mais ils ont mis trois ans à convaincre leurs banques, vu que leur stock était dispersé chez des centaines de clients et récupérable sur plusieurs années".

Q: Cette logique n'est-elle pas un obstacle au progrès technique, au remplacement de nos objets par des gammes plus modernes et plus efficaces'

R: "Ceux-là restent dans le modèle linéaire, ils confondent progrès technologique et modèle de vente. Dans le modèle circulaire, un constructeur récupèrerait le bien, il ne vendrait que l'usage, et le reconditionnerait pour y ajouter du progrès technique. On peut citer le réfrigérateur, après un temps donné, on propose de mettre à jour ce même réfrigérateur avec une autre technologie, plutôt que de le jeter pour en racheter un autre. Quant à la mise en place de ces filières, il y a deux pistes principales: soit rendre fiscalement plus coûteuse la matière première neuve en amont, ce qui donnera davantage de valeur à la matière première déchet. Soit, même si c'est plus difficile, on contraint à utiliser certaines matières qui ne sont aujourd'hui pas valorisées, et ces déchets deviendraient de nouvelles ressources."

Source : L'Express

Mercredi 18 Septembre 2013

  


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