Géraldine Poivert (Ecofolio) : le papier usagé est une matière première



Le papier usagé, n'est pas un déchet, c'est la matière première d'une industrie circulaire, créatrice d'emplois. Mais il faut rationaliser la collecte en expliquant au consommateur le potentiel du papier recyclé pour l'environnement et l'emploi. C'est la conviction de Géraldine Poivert, Directrice générale d'Ecofolio, éco-organisme de la filière papier.


Géraldine Poivert (Ecofolio) : le papier usagé est une matière première

Où la filière papier en est-elle en matière de recyclage ?

Le papier est un matériau important dans le secteur des déchets. C'est un matériau, qui représente environ un quart des déchets, mais c'est un matériau dont la prise e charge  pour la collecte et le recyclage a avancé difficilement.  En quelques années, le taux de papier recyclé est passé de 41 à 47%, mais c'est encore insuffisant. On est encore loin de l'objectif de l'Etat qui vise le recyclage de 60% du papier en 2018.

Pourquoi cette progression lente de la collecte et du recyclage ?

Le papier n'est pas perçu comme un déchet qui pose problème. Le papier connait de multiples réutilisations chez les consommateurs eux-mêmes, qui recyclent ainsi ce matériau. Le papier est aussi perçu comme un matériau qui ne pose pas de problème pour l'environnement, un matériau naturel qui s'élimine tout seul presque facilement.

Quelles modifications mettre en place ?

Il est indispensable de mettre en place une approche globale de la collecte, du tri et de la valorisation des déchets, entre autres des déchets ménagers. La France doit revenir sur certains choix qui coûtent cher en matière de collecte et de valorisation. Elle a mis en place des systèmes très confortables pour le public, en permettant de mélanger parfois le papier à des emballages, en limitant l'apport volontaire, en limitant le stockage à domicile avec des poubelles séparées. La France a souvent privilégié le ramassage, qui coûte cher.
Il faut aller vers le tri à la source, avec un objectif de qualité. Dans plusieurs pays, les ménages doivent avoir plusieurs poubelles, c'est ce qui permet d'accentuer l'implication des habitants. Cela suppose de concevoir des apaprtements et des immeubles qui comportent des emplacements pour stocker les déchets.

Comment imaginer une amélioration des performances ?

La collecte et le recyclage du papier imposent des coûts qui représentent 7% de la valeur du produit, ce qui est proportionnellement très important par rapport à l'éco-contribution perçue sur de nombreux produits pour lesquelles les contributions ne représentent quelques centimes.
Il faut communiquer sur le fait que le papier n'est pas seulement un déchet, mais que c'est une matière première d'origine naturelle, recyclable plusieurs fois. Le papier peut avoir cinq vies. Il ne faut pas communiquer en culpabilisant ou en effrayant, seulement en imposant des règles. Il faut communiquer d'une manière positive, en rappelant que recycler le papier c'est épargner la forêt, réduire la consommation d'énergie liée à l'exploitation forestière. C'est aussi apporter à l'industrie papetière une matière première à un moindre coût, à l'impact environnemental atténué.

Le papier doit-il s'inscrire dans l'économie circulaire de demain ?

Oui, il faut rappeler que le papier appartient à l'économie circulaire, fondée sur le recyclage. Avec le papier on peut non seulement produire de nouveau du papier, mais aussi par exemple des matériaux isolants, comme la ouate de cellulose. Le papier fait partie d'une industrie locale. Collecter du papier et le recycler, c'est apporter de la matière première à des industries implantées dans les régions.


Source : ENVISCOPE - 09/01/13


  

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