Discours de clôture des premières journées parlementaires sur l'économie circulaire




Bonjour ami(e)s de l’économie circulaire,

En cette maison de la Chimie, nous venons de vivre une belle alchimie lors de ces premières rencontres de l’économie circulaire.

Permettez-moi de lancer un message de solidarité  demandant la libération immédiate de l’équipage de l’ARTIC SUNRISE de GREENPEACE. Ces militants sont en prison en Russie, pour une cause qui est la nôtre, et nous demandons que le gouvernement français fasse les efforts nécessaires pour les sortir de leur emprisonnement injustifié.

Un grand bravo à François-Michel Lambert, député EELV qui est le président de l’Institut de l’économie circulaire, instigateur de ces rencontres fécondes.

Mais il faut bien soulever le fait qu’en France, sur plus de 1000 parlementaires, à peine 50 d’entre eux, sont des défenseurs convaincus de la cause environnementale, qu’ils soient de droite, du centre ou de gauche. Il est de notre responsabilité de choisir nos élu(e)s, pour pouvoir peser davantage dans notre démocratie, afin de préférer la politique de l’économie du moindre impact sur notre environnement immédiat et lointain, quelque soit notre appartenance.

« Il existe des réponses de civilisation à tous les grands défis » nous indique André Malraux pour nous galvaniser.

Notre priorité est de rendre compatibles nos modes de production et de consommation avec les limites de la biosphère, disait souvent notre regretté ami, Thierry Kazazian, qui propagea le principe de l’économie légère au début des années 2000, dans son superbe ouvrage »Il y aura l’âge des choses légères»

Mais permettez-moi une réflexion personnelle en vous disant que je suis choqué que 98% des transactions financières du jour, vont à l’économie-casino et seulement 2% vont à l’économie réelle. C’est l’un des nœuds du problème de notre économie prédatrice de la biodiversité, ici et ailleurs ! Et nous ne sommes pas hélas hors sujet.

Par ailleurs, nous vivons la société du jetable, c’est un fait et nous devons réduire la production de ces emballages qui durent plus longtemps que leur contenu. Certes, ces emballages doivent garantir la qualité des produits, mais passer de la société du jetable à la société du durable est un formidable défi qui nous concerne tous !

Nous nous situons dans un monde qui vit entre la raréfaction des matières premières et la révolution numérique. Mais, on ne peut pas se nourrir de tweets, ni respirer grâce à Facebook…

Et quand on brule des portiques à 500000 euros, en Bretagne, on brule l’idée de la relocalisation de l’emploi. On brule l’espoir d’une économie non-prédatrice.

Je n’ose imaginer un écologiste brulant un bien public d’un coût de 500000 euros…

Il finirait vite derrière les barreaux. Mais pourquoi la classe politique qui doit faire preuve de pédagogie citoyenne, dans sa diversité, est restée muette et embarrassée sur ce sujet ? Hormis quelques parlementaires, dont la plupart sont ici présents et qu’il faut saluer pour leur courage et leur ténacité.
Dans la nature, tout est circulaire, tout est recyclé à l’infini. L’économie circulaire cherche donc à s’inspirer des écosystèmes où rien n’est déchet et tout est ressource nous rappelle Emmanuel Delannoy dans son excellent ouvrage « l’économie expliqué aux humains »

Allez, soyons pragmatiques, réalistes, efficaces et utilisons les Municipales de Mars 2014 pour inciter les candidats à s’engager dans cette économie circulaire et ses principes, afin de sauvegarder la biodiversité et, c’est cette biodiversité préservée qui sauvera l’économie française, européenne et mondiale.

Notre chance, c’est l’attention soutenue du monde de l’entreprise sur l’économie circulaire et nous l’avons entendue ce matin dans de nombreuses interventions.

Est-ce suffisant ? Les entrepreneurs, les ingénieurs, ce sont souvent des êtres ingénieux.
Donnons-leur à appliquer les critères de l’écoconception, du biomimétisme, de la durabilité des produits, de l’économie de fonctionnalité, du recyclage intégral, et ils vont trouver, grâce à leurs talents, les solutions techniques salvatrices.

Certes, il n’y pas de solution technique à un problème politique, mais quand on allie la philosophie et la technique avec la politique, on peut sûrement inventer une civilisation qui ne détruise pas l’avenir de nos enfants. Car notre devoir, qui que l’on soit, n’est pas de leur offrir un monde vivant entre Mad Max et l’Humanitaire.

Christophe Colomb, que je prétends originaire de Calvi, nous souffle que l’on ne va jamais aussi loin, que lorsqu’on ne sait pas où l’on va.

Le monde de l’entreprise doit, maintenant, devenir notre alliée pour produire de la richesse sans détruire le vivant, notre vital. Il est temps de nous rassembler autour de cet objectif. La pluridisciplinarité et la coopération doivent être notre ADN.

Et, si j’ai une supplique à vous proposer en cette matinée, c’est de voir enseigner l’économie circulaire dans toutes nos grandes écoles et nos universités.

Enfin, profitons de la tenue de la COP 15 à Paris pour promouvoir fortement l’économie circulaire dans notre pays.

Et, si il devait y avoir une conclusion à ce discours de clôture de la première rencontre parlementaire, ce serait de rendre enfin circulaire la bienveillance à l’égard de la planète et de tous ses passagers.

Je vous remercie infiniment de bien vouloir persévérer dans cette belle pollinisation.
 
Serge ORRU
Discours de clôture des premières rencontres parlementaires sur l’économie circulaire
6 Novembre 2013.
Maison de la chimie.
Paris.
 

Jeudi 7 Novembre 2013

  


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