"Créer un délégué interministériel à l’économie circulaire"



Alors que se tient la conférence environnementale, François-Michel Lambert, député et président de l’Institut de l’économie circulaire, demande la création d’un “délégué interministériel de l’Économie circulaire”.


"Créer un délégué interministériel à l’économie circulaire"
En tant que député EELV, dans quel état d’esprit abordez-vous la conférence environnementale ?

Avec espérance. Après les turbulences de ces derniers jours, j’espère que les questionnements actuels au sein de notre groupe seront corrigés par une vraie conférence environnementale qui, au-delà des déclarations, montrera que tous les sujets sont pris à bras-le-corps par le gouvernement.

Ne craignez-vous pas que l’écologie soit sacrifiée sur l’autel du budget ?

Il y aura toujours des éléments sacrifiés, je ne suis pas dupe. Si nous-mêmes écologistes étions majoritaires, nous aurions des arbitrages à faire. Cela ne veut pas dire pour autant que rien ne peut se faire. Beaucoup d’engagements peuvent être pris sans être fortement pénalisants financièrement.
 
Sur l’économie circulaire par exemple ?

Il faut comprendre que l’économie circulaire est un investissement sur l’avenir. C’est du pouvoir d’achat que l’on redonne aux Français, de la robustesse économique que l’on apporte aux entreprises, aujourd’hui prises en étau entre la rareté des matières premières et des normes environnementales de plus en plus exigeantes. À aucun moment je n’ai parlé d’investissements colossaux, comme ceux que l’on peut engager pour construire une nouvelle ligne de TGV par exemple. À terme, ce nouveau modèle économique, qui consiste à valoriser nos déchets en nouvelles matières premières, peut rapporter plus qu’il ne coûte. L’important est d’amorcer ce cercle vertueux. Nous demandons en ce sens une loi-cadre sur l’économie circulaire comme il en existe dans beaucoup d’autres pays. Il s’agit d’indiquer que la France entre dans une nouvelle vision de son modèle de développement.
 
L’idée d’une loi-cadre était défendue par Delphine Batho. Son éviction du gouvernement remet-elle cette idée en cause ?

Actuellement nous ne sommes assurés de rien. Mais je sais que l’on reconnaît, au sein de l’exécutif, que l’économie circulaire est un enjeu important. Elle faisait partie des cinq chantiers d’avenir cités par le président de la République dans son discours sur la France en 2025 et certains des 34 plans de politique industrielle entrent en résonance avec elle. Ce gouvernement doit mener des réformes colossales et ne doit pas se retrouver tétanisé par l’ampleur de la tâche.

La présence de trois ministres (Benoît Hamon, Arnaud Montebourg et Philippe Martin) à la table ronde sur l’économie circulaire vous rassure-t-elle ?

C’est un bon signe envoyé par le gouvernement. Deux de ces ministres, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, sont directement liés au ministère de l’Économie. C’est essentiel. On retrouve ici l’esprit de l’économie circulaire, qui est à l’articulation entre écologie et économie. Elle ne doit surtout pas être cantonnée au ministère de Philippe Martin [l’Écologie, ndlr].

Souhaitez-vous la création d’un ministère de l’Économie circulaire ?

À moyen terme, nous demandons la création d’un poste de délégué interministériel à l’économie circulaire, toujours pour favoriser cette logique transversale. Il sera difficile de l’acter au sortir de la conférence environnementale. Cela mérite une meilleure préparation. Mais nous demandons que cela préfigure un ministre de l’Économie circulaire, qui pourrait être rattaché à celui de l’Économie, encore une fois pour éviter de s’enfermer dans le carcan de l’écologie.
 
Propos recueillis par [Raphaël Moreaux]mail:%20rmoreaux@acteurspublics.com
(Acteurs Publics - 20/09/13 )


  

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