Consommation collaborative : un vrai bonus écologique ?



À l'heure du numérique, les plateformes assurant les échanges et le partage de biens gagnent en popularité. Si la prolongation de la durée d'usage des objets semble bénéfique à l'environnement, la réalité est plus complexe. Les études se succèdent pour essayer d'y voir clair. Avec en ligne de mire, des préconisations en termes de soutien public.


La consommation collaborative n'est pas un phéno­mène nouveau : recycleries ou autres systèmes d'échanges locaux existent depuis une vingtaine d'années. Mais entre la crise économique de 2008 et l'essor des technologies numériques, ces pratiques ont pris de l'ampleur et les modes de consommation collaboratifs se multiplient. Don, troc, prêt, partage de biens ou de services, location, revente… se font ainsi plus simplement et sont source d'économies pour les usagers. Certes, elles restent largement mar­ginales par rapport au volume total de biens échan­gés. Mais leur développement rapide justifie que des questions sur leurs impacts environnementaux se posent. Intuitivement, la consommation collaborative semble offrir de belles promesses : si la durée d'usage des biens augmente, il n'est plus nécessaire d'en pro­duire autant pour assurer un même niveau de service et cela entraîne des économies de ressources.

Mais est-ce la réalité ? « Il y a parfois des discours un peu simplistes, souvent poussés par les entreprises de l'économie collaborative, sur les bénéfices environnementaux de celle-ci, souligne Arthur De Grave, rédac­teur en chef du magazine Ouishare, une communauté internationale qui œuvre pour l'émergence d'une société plus collaborative. Avant de dire que le covoitu-rage est bon pour l'environnement parce qu'on met plus de personnes dans une même voiture, il faut prendre en compte toutes les variables : les gens se mettent-ils conséquemment à voyager plus, à renouveler plus vite leur voiture, à délaisser le train, etc. ? Les promesses de la consommation collaborative dépendent en grande partie de l'usage qu'en font les consommateurs. En identifier les impacts est extrêmement complexe. »

C'est d'ailleurs ce qui ressort d'une étude de l'Ademe sur le sujet, en cours de bouclage lors de la rédaction de cette enquête. « L'ensemble des pratiques de la consommation collaborative est gigantesque et leurs impacts ne peuvent pas être appréhendés de manière unique, note Laurent Meunier, du service économie et prospective de l'Ademe. Nous avons donc choisi d'établir une analyse précise et des scénarios prospectifs sur le développement d'une dizaine d'entre elles parmi quatre catégories : les biens hors alimentaires, les biens alimentaires, les biens immobiliers et les services de mobilité. » L'étude s'est ainsi focalisée sur des modes de consommation révélateurs de la vie quotidienne, avec un potentiel de développement significatif et pour lesquels des données étaient disponibles : le covoiturage, courte et longue distance, les communautés d'acheteurs, la mise à disposition de logements sur de courtes périodes, le partage de logements et d'objets... Les indicateurs tels que le changement climatique, la pollution de l'air, l'épuisement de ressources minérales et fossiles, l'écotoxicité en eau douce, la toxicité humaine ou la demande cumulée en énergie ont été appliqués à cha­ cune de ces pratiques, et complétés par une analyse de sensibilité, lorsque celle-ci était accessible. « C'est le cas pour certaines pratiques touristiques, précise Laurent Meunier. Des données montrent que si l'on peut louer son appar tement lorsque l'on s'absente, on va rester plus longtemps en vacances ou aller plus loin, ce qui change l'impact environnemental de la démarche. »

Lire la suite Environnement-magazine.fr


  

L'Institut | Membres | Les ateliers de travail | Adhésion | Publications | Case studies | Actualité de l'économie circulaire | Publications






Librairie
Librairie





Dernier Tweet

Kedge Business School FEDEREC Fondation Nicolas Hulot GrDF La Poste
       

Institut de l'économie circulaire © 2017