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Conférence environnementale : l'économie circulaire pour les nuls



Ayrault a annoncé samedi la tenue prochaine d'Etats généraux de l'économie circulaire. Mais qu'est-ce qui se cache derrière cette curieuse expression ? Explications.


Conférence environnementale : l'économie circulaire pour les nuls
En 2013, il aura fallu 232 jours aux habitants de la Terre pour qu'ils consomment plus de ressources naturelles que la planète ne peut en produire en une année. "A force de gaspiller les matières premières, peut-être qu'à la fin du quinquennat de François Hollande, on commémorera ça le 14 juillet", grince François-Michel Lambert, député EELV, vice-président de la commission du Développement durable à l'Assemblée nationale et fervent défenseur de l'économie circulaire, dont il préside l'institut.

L'économie circulaire, qu'est-ce que c’est ?

"C'est un modèle d'optimisation de la ressource, soutenable et durable", explique le parlementaire. L'idée première consiste à tirer la substantifique moelle de tous nos produits de consommation pour allonger leur durée de vie sous différentes formes. Un système où les déchets des uns deviennent les matières premières des autres.

De la récupération à grande échelle, en somme ? "Non, ça, c'est un correctif apporté au cycle de consommation né avec la révolution industrielle, reprend-il. Dans ce modèle économique, on fait circuler les ressources pour les préserver."
 
Un travail qui commence dès la conception du produit, qui doit elle aussi être durable : "Il faut que le fabricant se demande pourquoi il fait son produit. Combien de temps durera-t-il ? Sous quelles formes ?" Ce qui implique d'y privilégier des ressources durables et non-toxiques. Ensuite vient le temps de l'utilisation, de la ré-utilisation, de la réparation, de l' "upcycling" (valorisation des déchets) et, enfin, du recyclage des matières premières pour en faire un produit d'une autre gamme.

Concrètement, comment ça marche ?

"Dans le bâtiment, les montant des portes, des fenêtres peuvent être réutilisées en l'état dans d'autres immeubles, illustre François-Michel Lambert. Ils peuvent être réparés, donc réutilisables pendant plusieurs décennies, avant que le matériau dont on s'est servi pour les fabriquer soit utilisé pour faire autre chose."
Le député évoque ainsi un passeport pour les matériaux : "Aux Pays-Bas, avant même l'utilisation d'une matière première, on doit savoir, plusieurs décennies à l'avance, ce qu'il adviendra du produit qui sera fait avec."
La difficulté consiste à trouver des matériaux durables et non-toxiques. "Ça demande de l'innovation. Je pense au système de captation de CO2 envisagé en sidérurgie. Le dioxyde de carbone recueilli, associé à d'autres composants, aurait servi à l'accroissement des productions maraîchères."
 
Autre impératif : que le rapport des consommateurs aux produits qu'ils achètent évolue. L'institut de l'économie circulaire parle ainsi du "passage de la vente d'un bien à la vente de son usage". C'est le cas avec l'autopartage, où un véhicule est mis à la disposition de plusieurs personnes, ou le Telib, ce téléphone proposé par Virgin contre un forfait mensuel.
 
"Aux Pays-Bas encore, une entreprise fait la même chose avec de la moquette, abonde François-Michel Lambert. La différence avec le produit qu'on achète, c'est que lorsque cette dernière devient usée, il n'y a plus besoin de la jeter puisque l'entreprise, qui en est la propriétaire, la récupère pour la recycler ou la réparer et la remplace par une neuve."

Qu’est-ce que ça pourrait rapporter ?

Les entreprises adeptes de ce système, s'économisent d'abord des frais de stockage. "Leur entrepôt, ce n'est pas un hangar de milliers de m², ce sont toutes les maisons qui ont souscrit à leur modèle économique", reprend le député. En outre, en veillant à la préservation des matières premières dont dépend leur production, elles se protègent des risques spéculatifs propres à ces marchandises.
 
Les particuliers y verront un avantage pour leur pouvoir d'achat. "C'est la meilleure pédagogie, reconnait volontiers François-Michel Lambert. Chez une grande marque, la location d'une voiture avec autopartage coûte 40 euros de moins par mois que sans."
 
L'avantage se situe aussi à plus grande échelle. Mandaté par la fondation Ellen McArthur, le cabinet McKinsey a calculé qu'en suivant ce modèle, donc en réduisant massivement l'importation des matières premières et les frais d'enfouissement ou d'incinération des déchets, on économiserait entre 350 et 700 milliards de dollars par an en Europe. "Pour les Pays-Bas, c'est 7 milliards. Si je me base sur eux, la France pourrait atteindre 50 milliards d'euros d'économies nettes", plaide le parlementaire.
 
Ce mode de consommation créerait également des emplois. "Pour organiser l'emploi du temps d'une voiture en auto-partage, il y a nécessairement une interface informatique et des gens pour la faire fonctionner." 

En France, on en est où ?

"Par rapport à d'autres pays, on est quand même assez loin", regrette l'écologiste. "Le Japon, démuni de ressources, s'y est mis depuis 10 ans. La Chine, bien obligée par sa croissance délirante, il y a cinq ans. La Suisse se bat pour que les flux entrant des usines soient les flux sortant des autres. Et l'Allemagne a une loi-cadre."
 
D'où la volonté d'une "une loi-cadre" envisagée par l'ancienne ministre de l'Ecologie Delphine Batho, avec un plan de mise en oeuvre de l'économie circulaire et un délégué chargé de faire le lien à ce sujet auprès des différents ministères.
 
A l'occasion de la conférence environnementale, il sera notamment question de discuter des différents volets du futur texte : fiscalité en soutien à l'innovation, collaboration entre les collectivités territoriales et les entreprises implantées localement pour favoriser cette économie... Un gros chantier. "Tout, absolument tout, est à inventer", conclut François-Michel Lambert.
 
Source : Antoine Rondel - Le Nouvel Observateur


  


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Mercredi 9 Juillet 2014 - 15:41 L'économie circulaire

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